dimanche 1er février 2026 à 13h30
Manifestation pour soutenir le Rojava
Dès le 6 janvier, les forces armées du gouvernement de transition syrien attaquaient les deux quartiers à majorité kurde d'Alep, Cheikh-Maqsoud et Achrafieh, puis lançaient une nouvelle offensive directement contre les territoires de l'Aanes. En deux semaines, plusieurs dizaines de civils ont été tués dans les attaques, des maisons et infrastructures civiles prises pour cible et des dizaines de milliers de personnes, majoritairement kurdes, déplacées de force. Plusieurs civils, des combattants et combattantes ont été assassinés de sang-froid ou décapités par les milices islamistes, en violation des lois internationales régissant la guerre.
C'est donc une guerre totale qui s'ouvre entre les forces de l'Aanes et celles du gouvernement de transition syrien. Les cantons de Kobané et de Djézireh, historiquement kurdes, sont maintenant assiégés. L'électricité, l'eau et Internet sont coupés à Kobané, mettant en péril les conditions de vie de 250 000 personnes. Des risques de nettoyage ethnique et de cycles de représailles sont extrêmement élevés. Le cessez-le-feu déclaré le 20 janvier n'a pas été respecté par le gouvernement de transition et les attaques continuent.
Les FDS ont perdu plus de 12 000 personnes dans la lutte contre l'EI et bénéficiaient jusqu'alors du soutien des Etats-Unis au titre de leur participation à la coalition internationale. Celui-ci a pris fin mardi et les FDS sont trahies une fois de plus dans l'indifférence et l'hypocrisie. Dans une déclaration, l'envoyé spécial des Etats-Unis, Tom Barrack, a transféré la responsabilité de la lutte contre l'EI au gouvernement syrien, alors même que, ces derniers jours, des centaines de prisonniers ont été remis en liberté par ses forces.
Les violences qui visent l'Aanes et les Kurdes ne sont malheureusement pas nouvelles. En mars [2025], en instrumentalisant un soulèvement d'anciens cadres du régime Assad, les forces gouvernementales ont commis des massacres contre les communautés alaouites, qui ont continué au cours de l'année. En juillet, ce sont les communautés druzes qui ont été la cible d'attaques violentes. Ces politiques et massacres à l'encontre de groupes ethniques et religieux pourraient constituer des crimes contre l'humanité au regard du droit international.
Dans le même temps, Al-Charaa a annoncé l'intégration de combattants djihadistes dans l'armée régulière. Autant de faits qui révèlent l'instabilité et les véritables intentions politiques de ce gouvernement de transition, dans un pays ravagé où les habitants aspirent pourtant à vivre, ensemble, en paix.
Malgré ces faits, l'Union européenne vient de signer un chèque de 620 millions d'euros au gouvernement syrien pour la reconstruction du pays. Ces actes incarnent une diplomatie où les droits humains et les aspirations des peuples sont sacrifiés sur l'autel des intérêts économiques et géopolitiques. La Syrie représente une manne pétrolière, un nouveau marché pour la France et les autres puissances occidentales. C'est aussi un partenaire stratégique pour le gouvernement israélien - responsable de génocide, selon la commission d'enquête du Conseil des droits de l'homme de l'ONU -, avec lequel des accords ont été conclus à Paris début janvier sous la supervision des Etats-Unis.
Nous refusons que nos dirigeants choisissent le parti d'un pouvoir dangereux et répriment les manifestations de soutien aux Kurdes. Dans le Nord-Est syrien, la mobilisation générale a été décrétée lundi 19 janvier, et des Kurdes des quatre parties du Kurdistan affluent aujourd'hui pour soutenir le Rojava, les acquis de sa révolution ainsi que la possibilité d'une Syrie démocratique. Partout en France, nos actions parlementaires, politiques, syndicales et culturelles doivent se renforcer afin de soutenir cet espoir et la population kurde attaquée à Djézireh et Kobané.
La communauté internationale doit prendre une position ferme pour protéger les populations, défendre les droits et les territoires des Kurdes de Syrie, défendre l'autonomie des institutions civiles, politiques et militaires de l'Aanes, le retour de tous les déplacés dans les régions occupées par les milices soutenues par la Turquie, ainsi que la coexistence pacifique et l'autodétermination de tous les peuples qui composent la Syrie. L'ONU et les Etats membres doivent garantir le maintien d'un corridor humanitaire vers la ville de Kobanê afin d'acheminer l'aide dans les quantités nécessaires aux besoins de la population assiégée ainsi que le rétablissement de l'eau courante et de l'électricité.
Source : message reçu le 29 janvier 14h